samedi 9 juin 2018

Causeries du samedi 23 juin 2018 :

Les Causeries de ce matin ont été particulièrement fructueuses.
Voici un petit aperçu de tous les livres ou films qui ont été présentés ou cités par ricochet, lors de nos bavardages ininterrompus ! Un grand merci à vous pour votre participation active et généreuse.
Belles lectures estivales et au plaisir de vous retrouver à la rentrée !

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samedi 28 avril 2018

Causeries du samedi 28 avril



Vous aimez lire, regarder des films, écouter de la musique ?
Partager avec d’autres le plaisir de vos découvertes ?
Faire de nouvelles trouvailles ?
Venez faire causette avec nous sur nos derniers coups de cœur, en toute décontraction autour d’un thé ou d’un café ! En compagnie des bibliothécaires de la médiathèque de Thann.

Entrée libre et gratuite.



Voici les coups de coeur qui ont été partagés lors de notre rencontre de ce matin.
Un grand merci à tous pour votre participation !

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dimanche 8 avril 2018


My Absolute Darling, Gabriel Tallent,
Gallmeister, 2018

Voici l'histoire d'une emprise psychologique de la plus pure noirceur.
Nord de la Californie. Turtle, jeune adolescente de 14 ans est élevée seule, par son père, Martin, suite à la disparition obscure de sa mère. Un père paranoïaque, incestueux, pervers, absolument monstrueux, qui cherche à l'embarquer dans sa folie et n'a de cesse de la pousser dans ses limites.
Face à la folie de son père qui la force à s'entraîner durement afin de lutter contre le monde extérieur, Turtle développe un instinct de survie hors du commun et devient une sorte de tortue ninja, impressionnante de courage et de pugnacité, surdouée dans le maniement des armes.
Un roman sombre, qui prend du souffle et de l'envergure au fur et à mesure des chapitres. J'ai été touchée par le monologue intérieur de Turtle, dont la conscience s'éveille peu à peu, notamment au contact d'autres personnages et qui parvient à lever le voile sur l'amour horrible et monstrueux dont elle est l'objet.
Un roman sombre mais initiatique sur le désir puissant de s'en sortir, sur la quête de la liberté et de l'indépendance psychique.
Une plume par moments quasi chirurgicale, comme dénuée de tout affect. Une écriture descriptive extrêmement fouillée et détaillée, qui zoome sans cesse aussi bien sur le spectacle de la nature, que sur le décor des habitats, sur la texture de la peau, ou encore sur l'entaille d'une blessure profonde. Une écriture de l'intériorité aussi, qui dissèque avec une pure précision les méandres de la psychologie humaine et relationnelle.
Gabriel Tallent excelle à distiller une tension psychologique permanente, qui nous fait frissonner et nous met mal à l'aise. Un roman choc et troublant sur la part d'ombre et de lumière dans l'âme humaine. (Stéphanie, Médiathèque de Thann)

mardi 3 avril 2018


Dans la forêt, Jean Hegland,
Gallmeister, 2017

Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans vivent depuis toujours dans la maison familiale, au cœur de la forêt. Petit à petit, insidieusement et sans raison explicite la civilisation qui les entoure s’effondre et quand à leur tour les parents disparaissent, les deux jeunes filles se retrouvent seules, confrontées à elles-mêmes. Les deux sœurs vont devoir apprendre à survivre dans un monde devenu hostile. Au fil du roman, c’est le monde civilisé qui devient dangereux et le monde sauvage de la forêt, jadis interdit, qui offre ses ressources et sa protection.
Publié il y a 20 ans aux Etats-Unis, où il avait reçu un grand succès, ce texte n’a rien perdu de son actualité. Dans ce roman post-apocalyptique, rappelant « La route » de Cormac McCarthy, Jean Hegland nous plonge dans un huis-clos entre deux sœurs à la fois fusionnelles et jalouses.

La force du récit est de nous faire vivre avec elles, au plus près de leur quotidien, en suivant au jour le jour dans le cahier tenu par Nell, leurs réactions face aux difficultés, aux dangers, au temps qui passe et qui les éloigne inexorablement d’un monde fini. (Annie, Médiathèque de Thann)

mercredi 21 mars 2018



Couleurs de l'incendie, Pierre Lemaître,
Albin Michel, 2018

Si vous avez comme moi adoré "Au-revoir là-haut", plongez-vous sans plus tarder dans ce nouvel opus, où l'on retrouve Madeleine Péricourt, la fille de Marcel, l'ex-femme du détestable et cynique Henry d'Aulnay-Pradelle, face à un destin retors et compliqué.

Le roman débute par les obsèques du patriarche. La cérémonie en grande pompe se trouve franchement perturbée par une scène inaugurale fort inattendue : le petit Paul Péricourt se jette par la fenêtre et atterrit sur le catafalque de son grand-père. Désormais seule à la barre, Madeleine, tout en veillant sur son fils, tente de reprendre l'empire familial et financier en mains. Mais c'est sans compter sur la crise de 1929 et surtout sur la soif de pouvoir et d'argent de son entourage.

Dans un style toujours aussi percutant et truculent, Lemaître nous brosse le destin de personnages cocasses, d'autant plus attachants, qu'ils sont invariablement en proie à leurs démons intérieurs. On ressent la jubilation de l'écrivain. Son sens de la formule fait mouche, interpelle et aiguillonne sans cesse le lecteur. On rit aux éclats en lisant le portrait au vitriol des deux filles de l'oncle Charles, dont la laideur n'a d'égale que la sottise. Certains passages, sur le petit Paul notamment, font venir les larmes aux yeux. La tonitruante cantatrice Solange Gallinato ponctue le récit de ses télégrammes bourrés de fautes, tout comme l'insatiable nurse Vladi, avec ses répliques polonaises. Le roman est truffé de phrases et d'expressions que l'on pourrait extraire du livre pour en faire autant d'aphorismes plein d'humour et d'ironie sur la vie et sur les hommes.

Dans un rythme cadencé, l'auteur maîtrise parfaitement son récit qui défile, ralentit, rebondit, nous tient en haleine du début jusqu'à la fin. Son écriture, extrêmement visuelle, cinématographique, nous fait voir les scènes avec réalisme et précision, comme si l'on se trouvait là, aux côtés des personnages.
Un nouveau coup de maître ! (Stéphanie, Médiathèque de Thann)

Quelques citations :
Au sujet d'une réunion annuelle des anciens de la Promotion "Gustave Eiffel" de l'Ecole Centrale :
" La conversation suivait un parcours immuable. La politique d'abord, puis l'économie, l'industrie, on terminait toujours par les femmes. Le facteur commun à tous ces sujets était évidemment l'argent. La politique disait s'il serait possible d'en gagner, l'économie combien on pourrait en gagner, l'industrie de quelle manière on pourrait le faire, et les femmes, de quelle façon on pourrait le dépenser. Cette assemblée tenait à la fois du repas d'anciens combattants et du concours de paons, tout le monde venait y faire la roue."